UNE MASERATI HISTORIQUE
AUX ENCHÈRES (1ère partie)

Dans l’histoire de Maserati, les barquettes constituent une prestigieuse lignée qui a permis à la marque, de 1955 à 1959, de courir en Endurance et de disputer le championnat international « Sport », officiellement ou à travers des écuries privées, à une époque où cette catégorie avait plus de prestige que la Formule 1. Construites à dix exemplaires, les 450S représentent la quintessence des « Voitures de Sport » de la marque.
La Série des « S » a commencé en 1955 avec deux versions de barquettes biplaces : d’un côté les « grosses » 300S, équipées d’un six cylindres en ligne de 3 litres de cylindrée, engagées par l’usine et par les grandes écuries privées pour jouer la gagne dans les épreuves du championnat du monde, et de l’autre les « petites » 150S, dotées d’un quatre cylindres de 2 litres et plus spécialement destinée aux gentlemen drivers.
Saison après saison, Maserati améliore ses châssis et la puissance de ses moteurs afin de conférer à ses barquettes des niveaux de performances qui lui permettent de se battre, principalement face à Ferrari, pour le titre mondial : 4e en 1955, 2e en 1956, 2e en 1957 à cinq points seulement de la Scuderia, 4e en 1959, la firme au Trident ne parviendra jamais à décrocher la couronne tant convoitée. Mais elle produira au fil de ces saisons parmi les plus beaux Prototypes jamais conçus pour cette discipline.

 

LES DIX DERNIÈRES PLUS BELLES MASERATI DE LA SÉRIE « S »

 

99 voitures vont ainsi naître dans les ateliers de Modène, carrossées par Maserati, mais surtout par Fantuzzi et les Stabilimenti Celestino Fiandri et Duilio Malagoli. La production, selon les derniers chiffres que nous a communiqués pour les besoins de cet article Ermanno Cozza, la mémoire vivante de Maserati (il y est entré en 1951 et continue à être un très actif conseiller du département « Classiche » de la marque), s’établit comme suit : 25 150S, 28 200S et 200SI, 6 250S, 27 300S, 3 350S et, pour finir, 10 450S.
La 450S est la dernière évolution de la lignée. Une voiture monstrueuse, capable de vitesses maximales supérieures à 300 km/h avec sa motorisation « standard » de 1957 : le V8 de 4,5 litres de cylindrée. Au volant des voitures confiées par l’usine à quelques-uns des plus brillants pilotes de l’époque, Fangio, Behra, Moss, Schell, Maserati va pourtant échouer (de peu) cette année-là dans sa tentative contre le titre. La voiture, elle, gagnera cependant au fil de la saison une réputation de « bestia », donc les rugissements du huit cylindres en échappements libres impressionnaient aussi bien les spectateurs que les adversaires !
L’exemplaire proposé à la vente par RM samedi à Monaco est la voiture par laquelle la série 450S est née. Modifications de châssis, changements de moteurs, remplacement de son V8 térrestre par un V8 « marine », cette barquette a vécu tout ce qu’une voiture de course peut endurer entre les affres de sa création et son développement au fil des courses.
Mais ça, c’est une autre histoire que nous vous raconterons plus tard dans la semaine !

POUR EN SAVOIR PLUS :

.La 2ème partie du sujet : 450S, LA MASERATI SPORT PLUS ULTRA

.Le catalogue de la vente RM Auctions de samedi 10 mai à Monaco