JAGUAR "NEW" LIGHTWEIGHT :
PREMIERS DÉTAILS
Comme nous vous le dévoilions le 21 mai dernier (voir notre article "JAGUAR TYPE E LIGHTWEIGHT : RETOUR VERS LE FUTUR"), Jaguar va fabriquer, cinquante ans après l’arrêt de ce modèle, six « nouvelles » Type E Lightweight, version de compétition de la célèbre voiture de sport britannique. Quelques collectionneurs ont immédiatement crié au sacrilège arguant, à l’appui de leur indignation, que chez Ferrari on ne fabriquerait pas six 250 GTO supplémentaires. C’est vrai : Ferrari a d’ailleurs toujours combattu les projets de fabrication de répliques (en série) de ses modèles, et appelé la justice en renfort chaque fois que nécessaire (avec succès).
Mais, en l’occurrence, ce n’est pas de fausses autos qu’il s’agit : c’est bien Jaguar qui se lance dans ce projet. Jaguar qui possède tous les droits de propriété artistique et industrielle sur la Type E. Ce ne sont pas non plus des répliques : Jaguar prétend que 18 Type E Lightweight devaient être fabriquées à l’époque, mais que le compteur était resté bloqué sur douze. Six restant donc à être produites et pouvant être parées de numéros de série « orthodoxes ».
On sera donc en présence de vraies-nouvelles-anciennes (!) voitures, appelées des « continuations » dans le jargon des professionnels. Et pour faire taire les grincheux, précisons en paraphrasant Audiard quand il faisait parler Jean Gabin-« Le Dab » de fausse monnaie dans « Le Cave se rebiffe » qu’« en matière d’automobile, les constructeurs ont tous les droits et les particuliers aucun ». Indeed !
Reste que six autos, c’est bien peu pour satisfaire les passionnés d’une des marques les plus collectionnées de la planète. Depuis l’annonce de cette nouvelle production, plusieurs dizaines d’amateurs ont, nous le savons, fait acte de candidature. Les éconduits vont donc être nombreux. Critères de sélection ? Tout d’abord l’argent. La Type E continuation sera facturée « au-delà d’un million de Livres Sterling » -plus de 1,2 millions d’euros. Deuxième critère : les clients devront être collectionneurs de longue date des modèles de la marque –pas question de compléter une collection avec cette voiture qui est présentée comme une récompense pour bon et loyaux services de collectionneur. Troisième critère : les acquéreurs devront s’engager à courir avec la voiture. Jaguar veut que les Type E reviennent en haut des grilles de départ des courses historiques dont elles ont disparu depuis longtemps. Cela exclut de fait ceux qui veulent se faire plaisir en roulant à leur main. Enfin, si l’équipement et la finition sont laissés à l’appréciation de l’acheteur, certains choix –par exemple de couleur- qui ne seraient pas jugés conformes à l’esprit de la marque entraîneront un rejet de la demande. Shocking ? Ce n’est pas une première chez les constructeurs de « supercars ». Un collectionneur asiatique se souvient encore du refus poli –mais un rien offusqué- qu’il essuya au département des commandes spéciales de Ferrari lorsqu’il demanda –catalogue de « l’autre marque » en mains- que sa nouvelle voiture soit peinte… en orange Lamborghini ! On a beau être constructeur et vendeur de ses propres autos, on n’en conserve pas moins son amour-propre !