LAMBORGHINI 350 GT :
UN TAUREAU DANS LE PRÉ DE FERRARI
Sans la seconde guerre mondiale, Lamborghini Automobili n’existerait pas. Car sans la seconde guerre mondiale, le jeune Ferruccio Elio Arturo Lamborghini, fils d’agriculteur, agriculteur lui-même, n’aurait pas été enrôlé dans l’aviation italienne. Il n’aurait de ce fait pas été capturé par les Anglais et astreint à la réparation des véhicules militaires de leur division. En conséquence, il n’aurait pu acquérir les compétences lui permettant, une fois libéré, de transformer des tracteurs d’artillerie en tracteurs agricoles. Il n’aurait donc pas fait fortune, n’aurait jamais acheté de Ferrari et, par-dessus tout, il ne se serait jamais mis en colère à force de tomber en panne avec les siennes. Car c’est au cours d’une de ces colères, dit-on, qu’il décida de créer ses propres automobiles. Voyez à quoi tient un destin…
Cette colère, dont la réalité n’a jamais été démentie par l’Ingegnere Ferruccio (ne laissez jamais la vérité gâcher une belle histoire), eut pour conséquence la création, à partir d’un feuille blanche, de ce qui est encore aujourd’hui l’une des plus prestigieuses marques du monde.
TENTATIVE DE PUTSCH CHEZ FERRARI
Mais le grand chaos mondial n’est pas le seul concours de circonstance qui fut favorable à l’Ingegnere. Car sans la crise qui éclata un matin de novembre 1961 dans le bureau de l’autre Ingegnere, Enzo Ferrari, à Maranello, Lamborghini n’aurait pas aussi vite débuté ses activités…
Flash-back : 6 novembre 1961, tandis que Ferruccio Lamborghini roule dans une Ferrari 250 GT fiabilisée grâce à des modifications de sa conception, un drame se déroule à Maranello. De bon matin, Enzo Ferrari voit soudain surgir dans son bureau ses principaux collaborateurs. Il y a là les huit plus hauts responsables de Ferrari, ceux qui tiennent la maison : Girolamo Gardini, son bras droit et directeur commercial, Ermanno della Casa, directeur administratif et financier, Romolo Tavoni, directeur de la Scuderia, Carlo Chiti, directeur du développement, Giotto Bizzarrini, responsable des essais, Fausto Galassi, directeur de la fonderie, Enzo Selmi, chef du personnel, Federico Giberti, directeur des achats.
Ce qu’ils exigent de l’Ingegnere ? Que plus jamais son épouse, Laura Ferrari, ne se mêle de leurs affaires. Elle serait devenue depuis plusieurs mois à la fois intrusive, colérique, incontrôlable, en un mot insupportable –finissant même par gifler Girolamo Gardini– et compromet selon eux la bonne marche de l’entreprise. Ce qui devait arriver arrive : Enzo Ferrari ne renvoie pas sa femme mais accepta la démission de ses adjoints (della Casa ne la présentera pas…).
Ces démissions, effectives sur le champ, jettent dans la nature des hommes de très grande qualité. Début 1962 quand Ferruccio Lamborghini décide de se lancer dans l’automobile, il lui est donc très facile de s’adjoindre quelques unes de ces très belles compétences…
SEPTEMBRE 1963, LE PROTOTYPE DE LA LAMBORGHINI 350 GT EST NÉ
Pour frapper fort, il veut un beau moteur (en Italie, tout commence par un moteur…) dans un beau châssis. A la fin de l’été, son cahier des charges est prêt : l’Ingegnere Lamborghini veut un coupé à empattement court mais pas trop (il veut une GT plus confortable que sportive), équipé d’un V12 de 3,5 litres, placé en position avant.
Il donne le cahier des charges du moteur à l’un des dissidents de Ferrari, le jeune Giotto Bizzarrini (36 ans) qui vient de créer sa société, Autostar. Pour la carrosserie, il mandate la Carrozzeria Bertone, et plus particulièrement le bras droit de Nuccio Bertone, Franco Scaglione. Pour le châssis, il engage un jeune ingénieur âgé lui aussi de 36 ans et qu’il nomme directeur technique du projet : Gian Paolo Dallara. Lamborghini achète un terrain à Sant’Agata Bolognese, à 20 km à l’est du centre de Modène (quand Ferrari est installé à 22 km au sud…). Il y fait construire des bâtiments. En, mars 1963, l’usine Lamborghini est inaugurée.
La voiture, baptisée Lamborghini 350 GTV est présentée aux journalistes du monde entier la veille de l’ouverture du salon de l’auto de Turin le 29 octobre 1963. Mais Ferruccio Lamborghini n’est pas content du tout…
À VENIR, 2e PARTIE : DE LA PUISSANCE (TROP), DU LUXE (BEAUCOUP)
Aon Classic Car votre partenaire
assurance voiture de collection - assurance voiture d'exception
assistance voiture de collection - assistance voitures d'exception
renseignements , tarifs , demandes de devis sur aoncc.alcyon-media.com
Aon Classic Car, l'assurance est une relation de confiance