JAGUAR XKSS :
9 BEAUX FAUX OFFICIELS !
Jaguar joue à « Retour vers le Futur ». Après la refabrication d’une série de six Type E Lightweight pour achever une production interrompue en... 1962, le constructeur anglais présente ce 17 novembre à Los Angeles la première des neuf nouvelles Jaguar XKSS qui vont être recréées. Annoncé le 23 mars dernier, ce projet laisse toujours aussi perplexe.
La fabrication de nouvelles Type E Lightweight pouvait passer pour une initiative intéressante -même si discutable comme l'est toute fabrication de "faux officiels". Jaguar affirmait alors vouloir finir une œuvre inachevée. Admettons : à l’époque, la production de ces six voitures avait été envisagée mais jamais réalisée.
Mais la production de six XKSS procède d’une toute autre logique…
QUERELLE DE CHIFFRES...
La Jaguar XKSS était une voiture « d’occasion » -au sens littéral du terme. Comprenez : un modèle imaginé de manière très opportuniste pour minimiser les conséquences d’un échec commercial. Les XKSS avait en effet été conçues par Jaguar en 1957 pour recycler des châssis de Type D qui ne trouvaient plus preneur et dont on ne savait que faire. Mais un incendie à l'usine avait prématurément mis fin à l’opération, détruisant une partie des châssis restants. Seize exemplaires seulement avait été finalement assemblés puis vendus.
Comprenons bien : l’actuel projet vise donc à recréer des voitures qui avaient été fabriquées pour trouver un usage à des pièces destinées au pilon (les châssis de Type D). Soyons sûr que cette opération n’aurait pas vu le jour si une Type D valait aujourd’hui quelques milliers d’euros. Seulement voilà : elle en vaut plusieurs millions… Certains amateurs sont donc prêts à acquérir un faux moderne officiel vendu fort cher (1,2 millions d’euros) faute de pouvoir acquérir un original encore plus cher (pas un exemplaire à moins de 5 millions). L'opération satisfera donc tout le monde, surtout Jaguar qui réalise dans l'opération une monstrueuse marge (le bénéfice net est de l’ordre de 70%).
Au-delà de l'acte très mercantile (mais qui reprocherait à un constructeur de vouloir gagner de l'argent : il travaille pour cela), la démarche est dangereuse : elle justifie désormais toute relance d'une série de voitures au prétexte que la production initialement envisagée n'aurait pas été menée à terme. Les collectionneurs feront toujours la différence entre les vraies et ces "nouvelles vraies", mais le constructeur fabrique ainsi de la confusion dans un univers qui n'a pas besoin de ça pour attraper des migraines, ou pour voir éclater des procès pour faux...
BIENTÔT DES XJ13 ?
Quant au chiffre de production retenu pour les Jaguar XKSS "Continuation" (neuf exemplaires) il pourra servir aux adversaires de telles pratiques pour hurler à la manipulation historique. Il est en effet supérieur au nombre de voitures qui auraient été détruites dans l'incendie de l'usine de Browns Lane au soir du 12 février 1957 (seules cinq autos l’auraient été).
Au-delà de la réalité historique, de la vérité du cinq ou du neuf, tandis que les défenseurs de l'authenticité historique parleront de sacrilège, les partisans de la continuation la justifieront en disant que les tirages des bronzes d'un artiste disparu se poursuivent après sa mort si la série n'a pas été exécutée en totalité. C’est parfaitement exact.
Suivant cette logique, on peut légitimement penser qu'après la Type E Lightweight et la XKSS, la prochaine Jaguar sur la liste des « reproduction » est la XJ13, détruite lors d'un essai privé en 1971. Il n’en existait qu’un exemplaire -reconstruit depuis. Mais combien avaient été « envisagés » ? Six , neuf, plus encore ? Attentons le prochain communiqué de Jaguar...
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