HERVÉ OGLIASTRO,
GENTLEMAN COLLECTIONNEUR

Aon entretient avec ses clients une relation à la fois professionnelle et passionnelle. Nos amis deviennent souvent nos clients, et il se crée généralement avec nos assurés une relation de grande proximité et souvent d’amitié. Comment pourrait-il en être autrement ? Nous partageons la même passion pour l’automobile, fréquentons les mêmes événements, touchons les mêmes volants, levons les mêmes capots –ah, chères anciennes…

L’amitié qui nous unit, Hervé Ogliastro et moi, est très ancienne. A l’heure où il se sépare de certaines pièces de sa collection, me revient une anecdote qui résume bien la singularité d’Hervé et son authentique amour de l’automobile.

Nous sommes le 7 mai 1986 au château de Fontainebleau. Lors d’une très belle vente aux enchères, le marteau du commissaire priseur adjuge la Bugatti 57 châssis n°57330 à Hervé et Bernard Ogliastro. Les deux frères sont heureux de leur acquisition. A la fin de la vacation, détails administratifs réglés, au lieu de se diriger vers le parking pour reprendre leur voiture, ils s’installent dans la Bugatti : « On rentre à Paris ». Les amis qui les accompagnent se regardent un peu stupéfaits. « On rentre à Paris avec la 57, évidemment », insiste Hervé qui est déjà sur le siège du conducteur, pas du tout craintif des 70 km à couvrir de nuit, au volant d’une mécanique de cinquante ans d’âge, dont il ne connaissait pas l’état. L’envie de prendre tout de suite la route avec cette voiture de rêve était plus forte que tout le reste. Inconscience, euphorie, témérité ? Rien de tout cela. De l’amour voire bien plus : de la passion.

Il faudra que Claude Decoster et quelques autres Bugattistes présents déploient des trésors de persuasion pour qu’Hervé accepte finalement repartir chez lui en berline contemporaine. L’opération sera décalée de quelques heures : Hervé reviendra le lendemain et conduira sa 57 de Fontainebleau à Paris, le sourire au lèvres du premier au dernier kilomètre.

Le monde de la collection a trouvé en Hervé Ogliastro un membre particulièrement actif, souvent précurseur. S’intéressant aussi bien à l’art de l’automobile, à ses grands peintres, qu’aux jouets et bien sûr aux miniatures. En s’appuyant sur des maquettiste talentueux, il a par exemple constitué au fil des décennies une œuvre impressionnante : dans une incroyable salle qui leur est entièrement dédiée, il a fait réaliser (et réalisé parfois lui-même) au 1/43e l’intégralité des grilles de départ des 24 Heures du Mans depuis la première épreuve en 1923 ! Elle complète une exceptionnelle collection de voitures de records, à toutes échelles et bien d’autres grigris automobiles !

Hervé a une autre grande qualité : sa générosité. Il n’a jamais conçu de vivre sa passion autrement qu’en partage. C’est lui qui a créé le Centre International de l’Automobile de Pantin (le célèbre CIA), lieu exceptionnel aux portes de Paris, dédié à l'automobile. Un concept avant-gardiste, un musée convivial dont les expositions, toujours savamment choisies et orchestrées, offrait les espaces d'animation, de réception, de rencontre et d’échanges aux collectionneurs de la région parisienne et d’ailleurs qui aimaient à s’y retrouver. Nous nous souvenons tous des mémorables fêtes, ouvertes à tout ce que le monde de l'automobile ancienne comptait, qui s’y sont déroulées. Et faut-il parler de son implication dans Rétromobile dont qu’il racheta à Marc Nicolosi et dont il fut propriétaire pendant de très nombreuses années. François Melcion, opérateur discret à l’époque, poursuit l’œuvre aujourd’hui avec un évident talent.

Les années passent, le collectionneur fait ses arbitrages. Ils conduisent aujourd’hui Hervé à se séparer de certains joyaux. « Je garde cinq voitures. En réduisant le périmètre de ma collection, j’utiliserai celle qui restent plus souvent. J’arrive à un âge où je dois simplifier ma vie… ». Aon sera aux côtés d’Hervé, membre de l’AVEC de la première heure, pour l’accompagner dans cette deuxième partie de sa vie de collectionneur. Assureur de sa passion.

 

Lucien-François Bernard

Président de l’AVEC

MAIS QUI EST BRIAN ROSS,
ACHETEUR DE LA FERRARI 335 S À 32 MILLIONS D’EUROS ?

Il y a cinquante ans quand un industriel de la Creuse déboursait quelques milliers de francs pour acquérir une Ferrari 250 GTO, le monde entier ne se demandait pas qui était Pierre Bardinon. Ni, une paire d’années plus tard, alors que leurs cotes étaient proches du prix d’une 2CV (neuve, quand même), qui était ce Jess Pourret  qui s’en offrait une à son tour. D’ailleurs, en dehors d’un tout petit nombre de « fous » (étaient alors qualifiés de « collectionneurs » seulement ceux qui possédaient Hispano, Bugatti et autres beautés d’avant-guerre…) qui se comptaient sur les doigts des deux mains, tout le monde s’en fichait. Mais ça, c’était avant. Avant que les plus désirées des voitures devenues « de collection » ne vaillent le prix d’un Picasso.

Ainsi donc, vendredi dernier au soir, lorsque le marteau d’ivoire de Maître Poulain a frappé 28 millions d’euros pour la Ferrari 335 S (32 075 200 avec frais et taxes), la salle a applaudi et cherché qui allait faire un tel chèque.

La première piste menait à Ronald Stern qui, dit-on, avait vendu en décembre à New York chez RM sa Ferrari 290 MM (châssis n°0626, ex-collection Bardinon également) pour financer ce nouvel achat. Un coup de téléphone nous apprit que ce n’était pas lui Et c’est alors qu’un ami collectionneur qui avait eu quelques intentions concernant cette 335 S nous indiqua qu’elle allait partir pour les États-Unis dans la collection d’un certain Brian Ross. Un nom inconnu pour beaucoup d’amateurs européens.

 

UN NOUVEAU COLLECTIONNEUR TRÈS INSPIRÉ

 

Brian Ross n’est pas un précurseur, titre que méritent Bardinon, Violati, Pourret, Bajol, Bamford et quelques autres « originaux » qui, dès les années soixante, remplissaient leurs garages avec des Ferrari qu’ils allaient sauver de l’abandon et parfois de la destruction. Ross, au contraire, appartient à la catégorie des nouveaux collectionneurs. Son nom apparait sur les radars des Ferraristes avertis au milieu des années 2000. C’est alors que, fortune faite aux USA dans l’immobilier et les centres commerciaux, il fait l’acquisition de sa première Ferrari ancienne.

Nous sommes le 21 août 2005 sur les pelouses du concours d’élégance de Pebble Beach. Le collectionneur Lawrence Bowman remporte la catégorie « Ferrari de Compétition » avec sa Ferrari 410 Sport Spyder de 1956  (châssis n°0596CM). Dans la tribune VIP, Brian Ross admire la barquette en aluminium qui défile devant lui sous les applaudissements du public. Quelques semaines plus tard, elle rejoint dans le garage de son immense propriété de Cortland, dans l’Ohio, les supercars modernes de la marque qu’il possède déjà : 288 GTO, F40, F50 et Enzo.

 

DES FERRARI SOIGNEUSEMENT CHOISIES ET RESTAURÉES

 

Au mois de janvier suivant, il acquiert une Ferrari 275 GTB/4 de 1997 (châssis n°09903) puis, pendant l’été, l’une des premières voitures construites à Maranello (la 57e) : la Ferrari 166 MM Touring Barchetta de 1949 (châssis n°0006M). Fin 2007, Brian Ross obtient de Steve Tillack qu’il lui cède pour 800 000 dollars sa Ferrari 212 Export Coupé de 1951 (châssis n°0080E), alors totalement démontée en vue d’une restauration. Cette restauration, c’est Ross qui va la mener, investissant pendant deux ans plusieurs centaines de milliers de dollars pour redonner à la 212 sa configuration de sortie d’usine en février 1951 -notamment sa combinaison de couleurs, caisse noire et toit gris. Car s’il est un « nouveau » collectionneur, Ross a l’inspiration juste. Il attache en particulier un grand soin à la remise dans leur état d’origine de toutes ses autos, qu’il fait ensuite certifier par Ferrari Classiche, avant de les soumettre aux regards impitoyables des juges des grands concours d’élégance –dans lesquels son travail est souvent récompensé.

En avril 2011, c’est une Berlinette Ferrari 340 Mexico carrossée par Vignale en 1952 (châssis n°0224AT) qui vient rejoindre la collection. Ross l’a achetée à Leslie Wexner après l’avoir raté aux enchères (4,3 millions de dollars) face à ce dernier le 12 mars précédent lors de la vente organisée par RM Auctions à Amelia Island !

En 2013, la première 250 entre dans la collection : une berlinette 250 MM Pinin Farina de 1953 (châssis n°0258MM).  Vient quelques mois plus tard la deuxième 250, une berlinette à châssis court celle-là, modèle 1960. Une version competizione tout en aluminium (châssis n°2095GT). A ce stade –nous sommes fin 2015- Brian Ross possède déjà l’une des plus belles collections des Etats-Unis. Mais son œuvre n’est pas terminée. L’achat vendredi dernier de la 335 Sport Scaglietti de la collection Pierre Bardinon n’achève rien non plus. C’est une étape importante –la somme consacrée à l’acquisition le montre- mais il y en aura d’autres. Sa prochaine satisfaction passera sans doute par une berlinette 250 GT « Tour de France », une Testarossa, à moins qu’une 250 GTO ne se libère bientôt. Comment Brian Ross pourra-t-il alors y résister ?

 

 

Aon Classic Car votre partenaire
assurance voiture de collectionassurance voiture d’exception

assistance voiture de collectionassistance voitures d’exception
renseignements , tarifs , demandes de devis sur aoncc.alcyon-media.com
Aon Classic Car, l’assurance est une relation de confiance

 

 

IL Y A UN AN,
DISPARAISSAIT LA COLLECTION VIOLATI

Comment écrire au passé sur un homme et une œuvre si marquants ? Difficile de dire que Fabrizio Violati « était » ceci, « avait » ou « faisait » cela. Impossible d’en parler à l’imparfait -dans  tous les sens du terme !- tant il prenait de la place, tant l’empreinte qu’il laisse est belle et profonde. Celle d’un gentleman driver, gentleman team manager, devenu gentleman collectionneur. Le musée Maranello Rosso était l’œuvre de sa vie, une suite de modèles d’exception patiemment réunis puis généreusement offerts aux yeux du public.

Nous l’avions rencontré au début des années 2000 par l’entremise de notre ami commun Jean-Louis Maitron, alors Secrétaire Général du Club Ferrari France. Homme de passion et de mémoire, Fabrizio répondait toujours présent à nos sollicitations ; partageant ses excellents souvenirs autant que ses merveilleuses voitures. Car Maranello Rosso était l’une des plus belles collections Ferrari du monde ; titre qu’elle disputait à celle de Pierre Bardinon, garée à l’abri des regards sur le circuit du Mas du Clos près d’Aubusson.

Rien ne destinait cet aristocrate italien à accomplir une telle œuvre -car Maranello Rosso en était une. Avant les années 70, Fabrizio ne collectionnait pas : il utilisait. Puis la crise du pétrole le mit face à des responsabilités quasi « patriotiques »…

 

TOUT A COMMENCÉ PAR UNE GTO

 

« Je ne possédais alors qu’une Ferrari, une 250 GTO, achetée en 1965, qui suffisait à mon bonheur. », nous expliqua-t-il un jour. « Mais la crise du pétrole est arrivée: flambée des prix, restrictions sur l’essence, menaces sur le sport automobile. Le prix des voitures de sport s’est effondré. Plus personne n’en voulait, surtout pas quand c’était des modèles de compétition. Des émissaires mandatés par des Américains ou Japonais ont fondu sur l’Italie, carnet de chèques à la main. Les Ferrari s’en allaient par pleins bateaux. Je ne pouvais quand même pas laisser mon pays se défaire de son patrimoine automobile ! Alors, je suis entré dans la course. À l’époque, je gérais une concession automobile à Rome. Cette fonction m’accordait deux facilités : un sous-sol pour stocker mes voitures et une plaque d’immatriculation provisoire pour les déplacer. Quand ils trouvaient une Ferrari, les émissaires devaient d’abord envoyer sa photo à leur patron. Moi, je pouvais conclure immédiatement l’affaire et la ramener sur le champ à Rome grâce à ma plaque provisoire. Je les ai souvent pris de vitesse, sans avoir besoin de surenchérir : voilà comment, de 1973 à 1978, j’ai constitué l’essentiel de ma collection ».

Longtemps, comme celle de Pierre Bardinon, la collection Violati ne fut connue que des initiés. Mais à l’inverse des trésors du Mas du Clos qui restèrent interdits au public, ceux de Fabrizio quittèrent leur sous-sol romain pour venir à la lumière du jour en 1990, lorsque la Principauté de San Marin lui proposa un lieu pour exposer son trésor. La collection trouva finalement son nid dans un bâtiment moderne construit dans la zone commerciale de la principauté. À l’intérieur, aux côtés des Ferrari, Fabrizio installa 38 Abarth –son autre passion, l’une des quatre plus belles suites de cette marque visibles au monde.

 

LES 250 EN MAJESTÉ

 

Le cœur de la collection était constitué par la série des Ferrari 250 : dix modèles différents, de la 250 Mille Miglia 1953 à la 250 GT Lusso née dix ans plus tard. Plus une 250 GT Pininfarina Spéciale (châssis n° 2825). Violati considérait cette décennie comme l’âge d’or de Ferrari. Mais si Fabrizio affirmait n’avoir pas été destiné à une telle entreprise, il y était sans doute… prédestiné !

« D’abord, j’ai eu la chance d’assister à la première victoire de Ferrari, à Rome, en 1947. J’avais 12 ans. Tout le public était pour Alfa Romeo, fierté de l’Italie. Pas moi. J’avais le chant du 12 cylindres Ferrari dans les oreilles. Ensuite, j’ai découvert la GTO en 1963 dans des conditions de rêve. J’étais en voyage de noces à Monaco au moment où était jugée l’arrivée du Tour de France Automobile. Et j’ai vu la GTO de Guichet-Noblet entrer victorieuse en Principauté. J’ai encore cette musique dans les oreilles… »

Ancien champion d’Italie de courses de Vespa, sport national à l’époque, Fabrizio Violati se croyait pourtant rangé des voitures après un grave accident survenu trois ans plus tôt : « Je procédais sur le circuit de Vallelunga à des essais de roulage sur l’Abarth 750 Zagato avec laquelle je courais en course de côte. Je tournais à ma main, sans même avoir mis de casque. Un pilote a cassé son moteur devant moi, son huile s’est répandue sur la piste. Je suis sorti dans l’herbe, ai été éjecté. Ma tête a heurté une buse d’évacuation en ciment ». Cette fracture du crâne valu à Fabrizio six mois d’hôpital et un veto de son père. Plus question de sport automobile, place aux études et à la gestion des affaires familiales : eaux minérales (Ferrarelle), vignobles et huile à San Gemini.

Mais la GTO croisée à Monaco vint ranimer une passion, qui longtemps après, ne s’était pas éteinte : « J’ai commencé à en chercher une, mais sans disposer de la somme requise. Vu leur faible production (39 voitures), les GTO étaient rares sur le marché de l’occasion. Je suis quand même allé l’essayer deux fois à Modène. Je me rappelle de Gianni Diena, le mécanicien de Ferrari, ouvrant le bouchon du réservoir et plongeant l’avant-bras pour vérifier le niveau d’essence. Il se méfiait des indications fournies par la jauge… En 1965, j’ai su qu’Ernest Prinoth vendait la GTO au volant de laquelle il avait été sacré champion d’Italie de courses de côtes. Il se lançait dans la fabrication de chasse-neige. Il avait besoin de liquidités. Le prix demandé, 3,5 millions de lires, était trop élevé pour moi. Six mois plus tard, son annonce était toujours dans les journaux, preuve qu’il n’avait pas trouvé preneur. Alors, je lui ai téléphoné, en lui disant que je n’avais que 2,5 millions de lires. ‘’Venez quand même, m’a-t-il répondu. Si vous voulez vraiment ma GTO, on trouvera toujours un moyen de se mettre d’accord’’. J’y suis allé. Et l’ai payée bien moins que le prix initial. Je la gardais loin de mon domicile, afin que ma famille n’en sache rien. Je la sortais le soir, sur un parcours où j’avais l’habitude de rouler en Alfa GTA. Mais avec la GTO, j’entrais dans un autre monde. Sa vitesse de passage en courbe était phénoménale. J’ai failli la vendre quelques années plus tard pour acheter une Daytona. Au dernier moment, je me suis ravisé. Je l’aimais trop. ».

 

AVEC LA VENTE DE LA GTO, LE RIDEAU TOMBE SUR LA COLLECTION

 

Aucune autre GTO ne resta aussi longtemps dans les mêmes mains. Au volant de « 3851 » qu’il menait avec talent, Fabrizio remporta le championnat d’Europe des voitures historiques en 1985. Elle était la clef de voûte d’une collection qui balayait l’histoire de la marque de la 195 S (1951) à la F40 (1987). L’histoire de Ferrari avait continué depuis. La collection Violati s’était arrêtée là. Pour un amoureux du Cavallino, le musée Manarello Rosso était le plus bel endroit du monde. Il aurait pu le rester malgré la disparition de son fondateur. Mais la valeur des trésors réunis entre ces murs attirait trop de convoitise.

Sentant la menace, d’importants collectionneurs, attachés à ce qui avait été construit ici, avaient proposé de reprendre le flambeau, de poursuivre l’œuvre. Malgré les offres –extrêmement élevées- faites, ils n’avaient pas été écoutés. Et les 14 et 15 août 2014, dans le cadre de la « Monterey Week of Speed », dix voitures de la collection étaient passées aux enchères sous le marteau de Bonhams lors de la vente de Quail Lodge. En haut de la liste, la 250 GTO châssis 3581GT, la première et la plus belle pièce de la collection. Rideau sur Maranello Rosso. Triste fin.

Fabrizio Violati vivait pour sa passion et ne cessait d’imaginer, de construire, d’oser. Avec l’ami Jean-Louis Maitron, nous avions tous les trois, comme dans des enfants, un projet par mois. Juste avant qu’il ne disparaisse, était née l’idée d’un rallye touristique entre Monaco et San Marin réservé aux Ferrari 250 GT.

Fabrizio parti, son musée démantelé par de mauvais génies, reste ce joli projet que nous essaierons sans doute de mener au bout. Nous appellerons cette balade « La Violati ». Elle verra rouler quelques GTO. Forcément.

 

POUR EN SAVOIR PLUS :

.Le musée Maranello Rosso

.La vente Bonhams de Quail Lodge

FERRARI ORPHELIN
DE PIERRE BARDINON

Grâce à Pierre Bardinon, la France était le second pays de Ferrari. Pour les amoureux de la marque, il était le collectionneur de référence. Avant tout le monde, dès le début des années soixante, conseillé par son complice Claude Vialard, il avait commencé à réunir sur son circuit du Mas du Clos ce qui allait devenir la plus belle collection Ferrari du monde. Traquant les modèles de compétition les plus prestigieux et parmi eux les châssis au palmarès le plus étincelant (quasi exclusivement des voitures de l'écurie d'usine), il avait ainsi acquis un ensemble unique qui comptait notamment les 250 TR et 330 TRI/LM victorieuses aux 24 Heures du Mans, respectivement en 1958 et 1962 (les deux fois avec Olivier Gendebien et Phil Hill), la 250 GT victorieuse au Tour de France 1961 (châssis n°2937GT, ex-W.Mairesse-G.Berger), la 312P ex-P.Rodriguez-D.Piper (n°0870), la 330 P4 (n°0860) ou encore la GTO 1964 (n°5573GT) -il était d’ailleurs le dernier en France à en détenir une.
L’exceptionnelle qualité des voitures rassemblées pousse aujourd’hui les collectionneurs ayant acquis certains de ces anciens joyaux à fièrement laisser sur leur carrosserie le blason « Collection du Mas du Clos ». La plus belle des appellations d’origine. Une œuvre unique saluée par Enzo Ferrari lui-même. Questionné un jour sur l’absence de collection à l’usine de Maranello, l’Ingegnere avait répliqué : « Pas besoin : Bardinon l’a fait pour moi. ».
Pierre Bardinon nous a quittés le 17 août 2012.

POUR EN SAVOIR PLUS…
.Le site du circuit du Mas du Clos

DISPARITION
D’UMBERTO PANINI (1930-2013)

Sa disparition est passée inaperçue en France. Mais vendredi 29 novembre dernier, à 83 ans, s’est éteint chez lui à Modène Umberto Panini, plus grand collectionneur de Maserati en Europe (et peut-être dans le monde).
Connu de tous les enfants d’Europe pour ses célèbres « figurines Panini » de footballeurs à coller dans des albums, il avait patiemment réuni un ensemble de près de cinquante voitures de courses (monoplaces, GT, barquettes), voitures de route, prototypes, motos ainsi que de nombreux objets historiques qui étaient présentés au public au milieu des installations de l’exploitation agricole familiale (spécialisée dans la production de parmesan).
Umberto Panini était né à Pozza di Maranello (à un kilomètre de l’actuelle usine Ferrari) le 3 février 1930.
POUR EN SAVOIR PLUS...
.Le musée Panini : www.paninimotormuseum.it